Inflation à 5,4 % : vos prix de revient ont vieilli

· L'équipe Axiom, ERP & gestion d'entreprise · 5 min de lecture
Votre marge ne meurt jamais d'un coup. Elle s'use tarif après tarif, pendant que personne ne rouvre le fichier.

5,4 %. C'est l'inflation sur un an au mois d'août, publiée par l'INS le 9 septembre. En juillet, elle était à 5,1 %. Le demi-point ne fera aucune une de journal. Il suffit pourtant à vider une marge commerciale quand vos tarifs datent de l'hiver dernier.

Le chiffre d'août, ligne par ligne

La moyenne nationale ne vous concerne pas. Ce qui vous concerne, c'est votre poste de dépense à vous. Sur douze mois, l'alimentation et les boissons prennent 7,5 %, contre 6,8 % le mois précédent. La volaille grimpe de 16,5 %, la viande bovine de 13,6 %, les œufs de 12,9 %. L'hébergement affiche 15,6 %. Les produits manufacturés restent à 4,7 %, les services à 4,3 %.

Et l'inflation sous-jacente — hors alimentaire et énergie — s'installe à 4,9 %, contre 4,8 % en juillet. C'est la partie qui ne redescendra pas toute seule après une bonne saison agricole. Elle vous dit que le mouvement est entré dans les coûts de structure : loyers, prestations, contrats d'entretien.

Si vous faites de la restauration collective, du transport frigorifique ou du négoce de produits frais, vous n'êtes pas à 5,4 %. Vous êtes ailleurs, et probablement plus haut.

Du côté du crédit, n'attendez rien

Le taux directeur de la Banque centrale est à 7 % et n'a pas bougé de l'année. Le conseil d'administration l'a encore confirmé le 3 juin, en désignant les pressions inflationnistes d'origine externe comme son principal point de vigilance, avec des réserves de change autour de 25,5 milliards de dinars, soit un peu plus de cent jours d'importation. Dans la première quinzaine de septembre, Fitch a maintenu la note souveraine à B-, perspective stable.

Traduction pour une PME de Sousse, de Mégrine ou de Sfax : le découvert reste cher, l'escompte reste cher, et aucun banquier ne refinancera une marge mal calculée. La trésorerie que vous cherchez dehors est très souvent dedans. Dans vos prix de vente, et dans la façon dont vous valorisez votre stock.

Le fichier de prix de revient que personne ne rouvre

On va le dire sans détour : dans la plupart des PME, le prix de revient n'est pas faux par négligence. Il est faux parce qu'il n'a jamais été pensé comme un document vivant. On l'a construit une fois, sérieusement, souvent avec l'expert-comptable, au moment de lancer une gamme. Puis il est devenu un fichier d'archive.

Un atelier de menuiserie du Grand Tunis nous a montré l'an dernier son tarif de référence, punaisé près du comptoir, avec la date griffonnée au feutre bleu dans le coin inférieur. Dix-huit mois. Entre-temps, le panneau mélaminé, la quincaillerie importée et le carburant des livraisons avaient tous bougé. Le patron facturait encore avec une marge théorique de 28 %. La réalité tournait autour de 19 %. Il ne s'en est aperçu qu'en regardant son solde bancaire, ce qui est la pire façon de l'apprendre.

Votre marge ne meurt jamais d'un coup. Elle s'use tarif après tarif, pendant que personne ne rouvre le fichier.

Valoriser le stock, ou faire semblant

La norme comptable tunisienne relative aux stocks vous laisse le choix entre le coût moyen pondéré et le premier entré-premier sorti. Elle ne vous autorise pas à valoriser au dernier prix d'achat parce que c'est plus simple. Et pourtant c'est ce que font beaucoup de tableurs de gestion, par défaut.

Faites l'arithmétique vous-même. Sur une famille de produits qui monte de 7,5 % l'an, un stock qui tourne en quatre-vingt-dix jours porte déjà un écart de l'ordre de 1,8 % entre ce que vous payez réellement et ce que votre marge affichée raconte. Multipliez par un stock de 400 000 dinars. Vous avez le montant de l'erreur.

Le correctif technique est connu : un coût moyen pondéré recalculé à chaque entrée, pas une fois par an à l'inventaire. C'est exactement le genre de calcul qu'un logiciel de gestion doit faire tout seul, à chaque bon de réception — c'est le principe retenu dans Axiom, et ce n'est pas une prouesse, c'est le minimum. Si votre outil actuel ne sait pas le faire, votre compte de résultat est une estimation optimiste.

Ce que vous pouvez faire d'ici le 5 octobre

L'INS publie l'indice de septembre le 5 octobre. Servez-vous de cette date comme d'un rendez-vous fixe, quatre fois par an.

  • Ressortez vos vingt références les plus vendues, pas le catalogue entier.
  • Reprenez pour chacune le dernier prix d'achat facturé, transport et droits inclus.
  • Comparez à la valeur utilisée dans votre logiciel : l'écart est votre marge fantôme.
  • Vérifiez vos contrats-cadres à prix fixe et leur date de renégociation.
  • Décidez d'une révision tarifaire datée, même de 2 %, et écrivez-la quelque part.

Une question, pour finir. Quand un client vous demandera en janvier pourquoi vos prix ont pris 9 % d'un coup, préférez-vous lui expliquer un rattrapage brutal, ou lui avoir envoyé trois ajustements calmes dans l'année ?

Notre recommandation est nette : bloquez deux heures avant la fin septembre, recalculez ces vingt lignes, et inscrivez la révision tarifaire au calendrier trimestriel de l'entreprise. Pas au calendrier annuel. Le trimestre est devenu la bonne maille.

L'équipe Axiom, ERP & gestion d'entreprise — 23 septembre 2026

À lire aussi