Déficit commercial à 15 milliards : recalculez vos coûts de revient

· L'équipe Axiom, ERP & gestion d'entreprise · 6 min de lecture
La majorité des PME tunisiennes qui importent ne connaissent pas leur coût de revient. Elles connaissent leur prix d'achat facturé.

L'INS a sorti ses chiffres du commerce extérieur le 12 août. À fin juillet 2026, le déficit atteint 14 957,6 millions de dinars, contre 11 904,2 MD un an plus tôt. Un quart de plus en douze mois. Pour un dirigeant de PME, ce n'est pas une statistique — c'est une facture fournisseur qui a changé de montant.

Regardez la deuxième ligne, pas la première

Tout le monde a commenté l'énergie. Normal : le déficit énergétique pèse 7 946,1 MD à lui seul, contre 6 037,2 MD sur les sept premiers mois de 2025, et les importations de produits énergétiques bondissent de 35,7 %. Sauf que ce poste-là, vous ne le pilotez pas. Vous le subissez, à la pompe et sur la facture STEG.

La ligne qui vous concerne est juste en dessous. Matières premières et demi-produits : solde négatif de 3 770,7 MD, importations en hausse de 8,9 %. Biens d'équipement : −2 629,6 MD, +7,2 %. Biens de consommation : −1 617,8 MD, +8,6 %. Ce sont vos intrants, vos machines, vos marchandises de revente.

Et le taux de couverture est passé de 75,6 % à 73,1 %.

Traduction pratique : le pays achète plus vite qu'il ne vend, la pression sur les devises ne va pas s'alléger toute seule, et le coût de vos approvisionnements importés continue de grimper pendant que vos tarifs de vente, eux, dorment dans un fichier.

Le tableur qui s'appelle « PRIX final vrai »

Un revendeur de pièces détachées de Ben Arous nous a montré son fichier de prix l'an dernier. Onglet unique, quatre-vingt-douze lignes, une colonne « coût » remplie à la main. Dernière mise à jour : quatorze mois plus tôt. Le fichier s'appelait PRIX final vrai (2).xlsx et il tournait sur un portable dont la touche F5 ne marchait plus.

Ce dirigeant croyait faire 22 % de marge. Il en faisait onze sur la moitié de son catalogue.

Voilà notre opinion, et elle va déplaire : la majorité des PME tunisiennes qui importent ne connaissent pas leur coût de revient. Elles connaissent leur prix d'achat facturé. Ce n'est pas la même chose, et l'écart entre les deux se paie en marge nette.

Ce que votre prix d'achat ne dit pas

Entre la facture fournisseur et le produit posé sur votre rayon, il y a le fret, l'assurance, les droits de douane, les frais de transit, la manutention portuaire, parfois une TVA que vous ne récupérerez jamais. Et surtout le temps. Un conteneur immobilisé trois semaines à Radès, c'est du capital gelé. La BCT maintient son taux directeur à 7 % depuis janvier 2026 ; votre découvert, lui, se négocie bien au-dessus. Faites le calcul sur quatre-vingts jours de stock.

Ce coût complet — les Anglo-Saxons disent landed cost — devrait être ventilé sur chaque référence, au prorata du poids ou de la valeur. Dans la vraie vie, il finit en charge globale dans le compte de résultat, et plus personne ne sait quelle référence l'a supportée.

Un système de gestion sérieux fait ça sans intervention. Vous saisissez la facture de transit, vous la rattachez à la réception, le coût unitaire moyen pondéré se recalcule sur les articles concernés. C'est ce que fait le module achats d'Axiom ERP quand on lie des frais accessoires à un bon de réception. Franchement, ce n'est pas de la haute technologie. C'est de la comptabilité analytique appliquée, et elle existe depuis les années cinquante.

Si vous exportez, l'équation s'inverse

Les exportations ont progressé de 9,9 %, à 40 638,4 MD. L'agroalimentaire porte le mouvement avec +22,9 % et un excédent sectoriel de 1 006,6 MD : l'huile d'olive à elle seule passe de 2 506,1 MD à 3 594,6 MD. L'Union européenne absorbe 70,4 % de nos ventes, et les expéditions vers l'Égypte bondissent de 85,4 %.

Tout le monde ne suit pas. Le textile-habillement-cuir recule de 3,6 %, les mines et phosphates de 11,9 %.

Pour un exportateur, la question n'est plus le coût d'achat mais l'écart de change et le délai d'encaissement. Facturer en euros, comptabiliser en dinars, puis encaisser soixante jours plus tard au taux du jour. Trois taux différents, et une différence de change qui doit bien atterrir quelque part. Si votre comptable la retraite en fin d'exercice sur un coin de table, vous avez piloté à l'aveugle pendant onze mois.

Quatre chiffres à sortir avant fin septembre

  • Le coût de revient complet de vos dix références les plus vendues, frais accessoires inclus, arrêté au dernier arrivage.
  • Votre marge réelle par référence — pas la marge moyenne du catalogue, qui ment toujours.
  • Le nombre de jours de stock financés à découvert, et ce qu'ils coûtent en intérêts.
  • La date de votre dernière révision tarifaire. Plus de six mois sur des produits importés ? Vous vendez à perte quelque part sans le savoir.

Aucun de ces chiffres ne demande un projet informatique de six mois. Ils demandent que vos achats, votre stock et votre comptabilité partagent la même base. Tant que la douane vit dans un classeur, le stock dans un tableur, et la compta chez un cabinet qui vous rappelle en mars, l'information arrive trop tard pour servir à quoi que ce soit.

Notre recommandation : arrêtez d'attendre la clôture annuelle pour découvrir votre marge. Branchez le calcul du coût de revient sur vos réceptions dès ce trimestre, et révisez vos tarifs tous les soixante jours tant que les importations progresseront plus vite que les exportations. Le déficit commercial ne se réglera pas à votre échelle. Votre marge, si.

L'équipe Axiom, ERP & gestion d'entreprise — 26 août 2026

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