TEJ : vos clients publics peuvent désormais lire votre situation fiscale
Le 8 septembre, la Direction générale des impôts a publié un communiqué sobre sur les nouvelles fonctions de la plateforme TEJ. Pas de conférence de presse, pas de campagne. C'est pourtant l'une des évolutions les plus directement opérationnelles de l'année pour une PME qui facture et qui retient à la source.
Ce qui a réellement bougé
Quatre ajouts, d'après la DGI. La consultation en temps réel de votre situation fiscale au regard du dépôt de vos déclarations. Le taux d'avance applicable aux importations de produits de consommation, consultable directement. La délégation de fonctions à l'intérieur d'un compte adhérent, qui permet enfin de confier un périmètre limité à un collaborateur sans partager l'accès complet. Et l'intégration de la totalité des certificats de retenue à la source.
À cela s'ajoute, toujours pour septembre, le basculement d'opérations qui tenaient encore sur support papier : comptes de remise, flux internes aux groupes de sociétés, transferts interentreprises. La presse économique tunisienne a relayé l'annonce en quelques lignes. Trop peu, vu ce que ça implique.
Vos acheteurs publics vont consulter votre dossier
Voilà le point que personne n'a titré. Les entreprises publiques qui utilisaient l'ancien système e-sit-fisc et qui ne sont pas encore adhérentes à TEJ sont appelées à s'y inscrire pour continuer à consulter la situation fiscale de leurs fournisseurs.
Lisez la phrase deux fois. Elle dit que cette consultation existe, qu'elle est routinière, et qu'elle migre simplement d'un guichet technique vers un autre. Si vous vendez à un office, à une société nationale, à une entreprise à participation publique, votre régularité déclarative est une donnée que votre client interroge avant de traiter votre dossier.
La conformité fiscale vient de changer de nature : ce n'était qu'un risque de contrôle, c'est devenu une condition de paiement. Un retard de dépôt de deux semaines sur une déclaration mensuelle ne vous coûte plus seulement une pénalité — il s'affiche, au mauvais moment, dans l'écran de l'agent qui instruit votre facture.
Le fichier XSD, ce détail qui casse les chaînes
La DGI invite les contribuables qui produisent leurs certificats de retenue à la source par dépôt de fichier électronique à télécharger le schéma XSD actualisé. Une ligne dans un communiqué. Des semaines de blocage pour ceux qui l'ignorent.
Un schéma XSD, c'est le gabarit que votre fichier doit respecter au caractère près : ordre des balises, format des montants, longueur des matricules. Quand il change et que votre logiciel produit l'ancienne version, le dépôt est rejeté. Pas d'erreur métier, pas de message clair. Un rejet technique.
La séquence est toujours la même. Le gestionnaire dépose, croit avoir déposé, classe le dossier. Trois semaines plus tard, quelqu'un s'aperçoit que le récépissé n'est jamais arrivé — souvent en cherchant autre chose, souvent un vendredi. Et il faut rattraper l'ensemble des certificats du trimestre avec l'échéance suivante sur le dos.
Si votre comptabilité tourne sur un tableur et un export maison, ce chantier est pour vous cette semaine. Si elle tourne sur une solution éditée — Axiom en fait partie — la question à poser à votre prestataire tient en une phrase : le schéma de septembre 2026 est-il intégré, et à partir de quelle date. Demandez la réponse par écrit.
« Temps réel », mais sur quoi
Une réserve, et elle est importante. La consultation en temps réel annoncée porte sur le dépôt de vos déclarations, pas sur vos soldes, vos crédits de TVA, vos échéanciers. Autrement dit : la plateforme vous dit si le papier est arrivé, pas où vous en êtes financièrement avec le Trésor.
C'est déjà utile. Un dirigeant qui reprend une société, un expert-comptable qui récupère un dossier mal tenu, une entreprise qui prépare une candidature à un marché : tous gagnent à voir l'état des dépôts sans passer par un guichet. Mais ne confondez pas ce tableau de bord avec une situation de compte. Beaucoup vont le faire.
L'autre nouveauté sous-estimée, c'est la délégation. Dans la plupart des PME tunisiennes, l'accès aux téléservices fiscaux passe par le certificat et le mot de passe du patron, prêtés à la comptable, parfois transmis par message. Vous connaissez la situation. Un périmètre délégué proprement, révocable, nominatif, vaut mieux qu'un identifiant partagé — et ça vous protège le jour où la personne part.
À faire avant le 30 septembre
- Vérifier que votre matricule est bien adhérent à TEJ, et que le contact déclaré est une personne toujours en poste.
- Télécharger le XSD à jour et faire tester un dépôt réel de certificat de retenue à la source, pas un dépôt théorique.
- Créer des accès délégués pour la paie et la comptabilité, puis retirer l'identifiant unique de la circulation.
- Sortir la liste de vos dépôts des douze derniers mois et traiter les trous avant qu'un acheteur public ne les voie.
Ma recommandation est nette : traitez cette mise à jour comme une échéance fiscale, avec une date, un responsable nommé et une preuve de dépôt archivée. Pas comme une note d'information à lire un jour. L'administration a fait le choix du recoupement systématique, et ce choix ne reviendra pas en arrière — la seule variable qui vous reste, c'est la qualité de ce que vous lui envoyez.
L'équipe Axiom, ERP & gestion d'entreprise


