Taux directeur figé à 7 % : votre trésorerie ne viendra pas de la BCT

· L'équipe Axiom, ERP & gestion d'entreprise · 6 min de lecture
Attendre la prochaine réunion de l'avenue Mohamed V pour respirer, c'est sous-traiter sa trésorerie à un comité qui ne pense pas à votre entreprise.

Le 29 juillet 2026, le conseil d'administration de la Banque centrale a maintenu son taux directeur à 7 %. Aucune surprise pour les banquiers. Beaucoup de dirigeants, eux, espéraient une seconde détente après celle de janvier. Elle n'est pas venue.

Ce que la BCT a mis sur la table

Le communiqué est plus intéressant que la décision elle-même. L'inflation s'est établie à 5,3 % en juin 2026. Les produits frais décélèrent — 11,2 % contre 13,2 % en mai — mais l'inflation sous-jacente reste plantée à 5 % pour le troisième mois d'affilée. C'est ce chiffre-là qui bloque tout : il dit que la hausse des prix n'est plus tirée par les tomates et le poisson, mais par le socle de l'économie.

Le reste du tableau explique la prudence. Le déficit courant a atteint 4 241 MDT au premier semestre, soit 2,3 % du PIB, contre 2 844 MDT un an plus tôt. La facture énergétique bat un record à 8 502 MDT. Après le remboursement d'un eurobond de 700 millions d'euros en juillet, les avoirs nets en devises tenaient à 23,4 milliards de dinars, l'équivalent de 92 jours d'importation au 28 juillet.

Un conseil qui regarde ces lignes ne baisse pas les taux. Il attend.

Cinquante points de base, traduits en dinars

Rappelons la séquence : le taux est passé de 7,5 % à 7 % au 7 janvier 2026, avec la facilité de prêt à 24 heures à 8 % et la facilité de dépôt à 6 %. Une PME qui portait alors un crédit d'investissement de 300 000 dinars sur sept ans a économisé de l'ordre de 1 500 dinars la première année, puis moins chaque année suivante à mesure que le capital s'amortit. Sur toute la durée du prêt, comptez le prix d'un utilitaire d'occasion. Étalé sur sept ans.

Maintenant comparez avec une seule facture de 40 000 dinars encaissée à 120 jours au lieu de 30.

Voilà le problème. Attendre la prochaine réunion de l'avenue Mohamed V pour respirer, c'est sous-traiter sa trésorerie à un comité qui se réunit quelques fois par an et qui, à juste titre, ne pense pas du tout à votre entreprise. Les cinquante points de base sont un rabais. Vos encaissements sont le chiffre d'affaires.

Le crédit le plus cher, c'est celui que vous accordez

Une PME tunisienne moyenne finance ses clients sans le savoir et sans être payée pour ça. Le grand donneur d'ordre règle à 90 jours, parfois 150 quand la commande est passée par un service achats qui exige une facture reçue avant le 25 du mois. Pendant ce temps, le fournisseur, lui, veut ses trente jours. L'écart se comble au découvert, facturé le plus souvent quelques points au-dessus du TMM, ce qui vous place autour de 10 ou 11 % effectifs. Trois fois le bénéfice de la baisse de janvier, consommé par un seul client lent.

Un gérant de quincaillerie à Ben Arous m'expliquait qu'il retrouvait ses impayés dans un classeur bleu posé sur le frigo de l'atelier. Il connaît ses mauvais payeurs par cœur. Ce qu'il ne connaît pas, c'est le montant total, et surtout son âge moyen. Quand on a fait le calcul, 62 % de son encours dépassait 90 jours. Il pensait être à 20 %.

La différence entre 20 % et 62 % ne se rattrape pas avec un taux directeur.

Le stock aussi paie des intérêts

Même logique côté magasin. Chaque référence immobilisée est du cash converti en carton, financé au coût de votre découvert. Un stock dormant de 80 000 dinars vous coûte quelque chose comme 8 000 dinars par an en frais financiers implicites, avant même de parler de casse, d'obsolescence ou de la place qu'il occupe. Personne ne le voit passer, parce que ça n'apparaît nulle part dans le compte de résultat sous ce nom-là.

Ce qui se pilote avant octobre

Trois chantiers tiennent en quelques semaines, sans investissement lourd :

  • Sortir une balance âgée client chaque lundi matin, et relancer à J+7 après échéance, pas à J+45. Une relance automatique et polie, mais systématique, change le comportement de paiement en un trimestre.
  • Identifier les références sans mouvement depuis six mois et les liquider, même à marge nulle. Le cash récupéré vaut mieux que l'espoir de les vendre au prix fort.
  • Vérifier que la TVA collectée sur des factures impayées ne finance pas l'État avant vous. Beaucoup de PME découvrent en fin d'exercice qu'elles ont avancé plusieurs mois de trésorerie sur des créances jamais encaissées.

C'est exactement le genre de suivi qu'un ERP rend trivial : dans Axiom, l'âge de la balance, les relances automatiques et la rotation du stock sortent d'un même écran, parce qu'ils viennent des mêmes données. Mais un tableur bien tenu fait déjà 70 % du travail. L'outil compte moins que la discipline hebdomadaire.

La recommandation

Ne construisez aucun plan de financement 2027 sur l'hypothèse d'un taux à 6 %. Avec une inflation sous-jacente à 5 % et 92 jours de réserves, la BCT n'a pas de marge, et le prochain mouvement pourrait très bien être nul lui aussi.

Prenez plutôt un objectif interne : réduire votre délai moyen d'encaissement de quinze jours d'ici la fin de l'année. Mesurable, gratuit, et il rapportera davantage que tout ce que la Banque centrale décidera cet automne.

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