Taux directeur figé à 7 % : votre financement viendra du recouvrement

· L'équipe Axiom, ERP & gestion d'entreprise · 6 min de lecture
Le découvert le plus cher d'une PME tunisienne, c'est sa balance âgée.

Le conseil d'administration de la Banque centrale s'est réuni le 7 octobre. Verdict : taux directeur maintenu à 7 %. Dixième fois consécutive. Pour votre entreprise, la traduction est brutale : l'argent qui vous manque ne viendra pas d'une baisse des taux.

Ce que la BCT a posé sur la table

Le communiqué est une liste de raisons de ne rien faire. L'inflation est remontée à 5,6 % en septembre, contre 5,4 % en août, avec des produits alimentaires frais à +13 % sur un an. L'inflation sous-jacente reste collée à 5,1 % pour le troisième mois d'affilée. La croissance a ralenti à 2,3 % en glissement annuel au deuxième trimestre, après 2,6 %. Les avoirs nets en devises s'établissaient à 23,7 milliards de dinars au 6 octobre, soit 92 jours d'importation. La facture énergétique atteint 11,3 milliards de dinars à fin août, contre 8,8 milliards un an plus tôt. Le déficit courant cumule 4,694 milliards sur huit mois, 2,5 % du PIB.

Aucune banque centrale ne détend sa politique avec ce tableau devant elle. On peut trouver la décision frileuse — l'investissement privé en bave depuis trois ans — mais elle était écrite d'avance.

Le TMM à 7 %, et l'échéancier que personne ne relit

Le taux du marché monétaire a terminé septembre à 7,00 %, après 7,00 % en août et 6,99 % de février à juillet. Une ligne plate. C'est elle qui sert de référence à la plupart des crédits à taux variable accordés aux entreprises tunisiennes, auxquels la banque ajoute sa marge — deux à quatre points selon le dossier et la garantie, d'après ce qu'on voit passer dans le secteur.

Voilà un détail qui mérite dix minutes de votre lundi matin : ouvrez le tableau d'amortissement de votre crédit d'exploitation et vérifiez la base d'indexation réellement appliquée. Pas celle du contrat. Celle du dernier prélèvement. Les écarts de reprise de TMM, les mois de décalage, les commissions reclassées en intérêts — ça se trouve. Encore faut-il regarder.

Le crédit que vous accordez sans jamais le facturer

Pendant que vous discutez d'un demi-point avec votre chargé de compte, vous financez gratuitement vos clients. Une PME de distribution à 1,2 million de dinars de chiffre d'affaires qui encaisse en 85 jours au lieu de 55 immobilise près de 100 000 dinars en créances clients. Cent mille dinars. À comparer au gain d'une renégociation bancaire, qui se chiffre en quelques milliers.

Même histoire côté stock. Trois cents mille dinars de marchandise qui tourne 2,5 fois par an au lieu de 4, ce sont des dizaines de milliers de dinars dormant sur des palettes, dans un entrepôt que vous payez, avec un risque d'obsolescence que personne ne provisionne.

Mon opinion, et elle ne plaira pas : la majorité des problèmes de trésorerie que l'on m'expose comme des problèmes de financement sont des problèmes de grand livre clients. Le découvert le plus cher d'une PME tunisienne, c'est sa balance âgée.

Les leviers qui ne demandent pas de rendez-vous bancaire

Un gérant de Sfax m'a expliqué l'an dernier que sa trésorerie était « étranglée par les banques ». On a ouvert son logiciel. Onze jours de bons de livraison non facturés, parce que l'imprimante de l'entrepôt était en panne et que personne n'avait pensé à envoyer les factures par mail. Il buvait un café glacé en racontant ça. Onze jours de chiffre d'affaires, gratuits, offerts à ses clients.

  • Facturer le jour de la livraison, pas en fin de mois quand la comptable a le temps.
  • Relire la balance âgée chaque lundi, par client et par tranche d'ancienneté — pas le total global, qui ne dit rien.
  • Exiger un acompte au-delà d'un montant que vous fixez vous-même, et le tenir même pour un bon client.
  • Relancer avant l'échéance, par écrit. La relance d'après coup arrive dans une file d'attente où vous n'êtes pas prioritaire.

Ce que votre système de gestion doit savoir sortir

Si votre outil ne produit pas une balance âgée par client et par échéance, un délai moyen d'encaissement calculé chaque mois, une alerte d'encours dépassé au moment de la saisie de commande, et une rotation de stock par article plutôt que par famille, il ne vous sert pas à piloter. Il vous sert à archiver.

C'est la logique que nous appliquons dans Axiom Suite : l'encours client et la rotation article sont des indicateurs de tous les jours, pas des états qu'on imprime pour le comité trimestriel. Le gérant doit voir, à l'écran, qui lui doit quoi depuis combien de jours. Sans Excel intermédiaire.

Ma recommandation

N'attendez pas la détente monétaire. Au rythme actuel de l'inflation et avec 92 jours d'importation en réserve, elle n'arrivera pas avant plusieurs trimestres, et elle ne vous rendra pas trois points de marge.

Fixez-vous un objectif chiffré sur un seul indicateur : votre délai moyen d'encaissement au 31 mars 2027. Mesurez-le aujourd'hui, écrivez la cible, suivez-la chaque mois. Dix jours de DSO gagnés sur un million de dinars de chiffre d'affaires valent plus que tout ce que votre banquier peut vous concéder cette année. Et ça, vous le décidez seul.

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