Deuxième acompte provisionnel : quatre dates et une trésorerie à préparer
La Direction générale des impôts a publié fin août son calendrier des échéances de septembre 2026. Quatre dates y figurent pour les entreprises. La plus lourde pour la trésorerie arrive le lundi 28.
Les dates, sans commentaire pour l'instant
Pour les personnes physiques au régime réel, la déclaration mensuelle est attendue le 15 septembre, et le deuxième acompte provisionnel le 25. Pour les personnes morales, la mensuelle se joue au 21 septembre si vous êtes adhérent à la télédéclaration, au 28 si vous ne l'êtes pas. Et le deuxième acompte, lui, tombe au 28 septembre pour tout le monde côté sociétés.
La DGI a pris soin de préciser que ces dates sont « le dernier jour du délai légal », avec une recommandation explicite : télétransmettez avant, pour éviter l'embouteillage de fin de période. Traduction : le serveur va ramer le 28 après-midi, comme chaque trimestre.
Un impôt calculé sur une année qui n'existe plus
Rappel du mécanisme, parce que beaucoup de gérants le subissent sans l'avoir jamais posé sur une feuille. Chaque acompte vaut 30 % de l'impôt dû au titre de l'année précédente. Trois acomptes, aux 6e, 9e et 12e mois suivant la clôture, soit 90 % de l'impôt de l'exercice écoulé payé d'avance sur l'exercice en cours.
Un IS 2025 de 60 000 dinars donne donc trois versements de 18 000 dinars en 2026. Le deuxième, c'est lundi prochain.
Voilà le vrai problème. Votre versement de septembre 2026 ne regarde pas du tout comment vous allez aujourd'hui : il regarde 2025. Une société qui a fait une belle année 2025 et qui encaisse mal en 2026 verse quand même 18 000 dinars — de l'argent qu'elle récupérera en crédit d'impôt, plus tard, peut-être par imputation sur les acomptes suivants, éventuellement en restitution. Entre-temps, c'est une avance sans intérêt consentie au Trésor par une entreprise qui, précisément, manque de liquidités. Je trouve ce mécanisme profondément mal calibré pour un tissu de PME dont le chiffre d'affaires bouge de 30 % d'une année sur l'autre.
Des dispositifs de dispense ont existé pour les entreprises en difficulté, conditionnés à une baisse d'activité d'au moins 15 % et à des comptes certifiés par le commissaire aux comptes, avec dépôt d'une demande visée auprès du bureau de contrôle. Le dossier se monte avec votre expert-comptable, sur des semaines. Pas à trois jours de l'échéance. Si votre 2026 s'annonce mauvais, c'est le troisième acompte de décembre qu'il faut préparer maintenant, pas celui de lundi.
Le paradoxe du bon élève
Regardez à nouveau les deux dates de la déclaration mensuelle : 21 pour les télédéclarants, 28 pour les autres. Une entreprise qui a fait l'effort de basculer en ligne dispose de sept jours de moins qu'une entreprise restée au dépôt physique.
C'est une pénalité déguisée pour ceux qui se modernisent. Sept jours de trésorerie, sur douze mensuelles, ce n'est pas anecdotique pour une société de services qui encaisse ses clients à 60 jours.
Faut-il pour autant rester au guichet ? Non. Télédéclarez quand même. Le gain en traçabilité, en accusés de dépôt horodatés et en fin de files d'attente vaut largement la semaine perdue — et l'administration finira de toute façon par fermer la porte du papier, comme elle l'a fait ailleurs. Mais que personne ne prétende que le calendrier récompense la dématérialisation.
Les retenues à la source que vous oubliez d'imputer
Point technique, souvent laissé de côté dans les petites structures : les retenues à la source que vous avez subies s'imputent sur vos acomptes. Si vous travaillez avec des donneurs d'ordre publics ou de grandes entreprises qui retiennent sur vos règlements, ces montants réduisent ce que vous devez verser.
Encore faut-il les avoir collectés. Le scénario se répète chaque trimestre : les certificats de retenue dorment dans un classeur, ou dans la boîte mail de la personne qui gère les encaissements, et l'acompte part au montant plein parce qu'on n'a pas eu le temps de reconstituer le détail. L'entreprise paie deux fois et récupère dans douze mois.
Un suivi comptable correct rend ce calcul immédiat : chaque encaissement porte sa retenue, le cumul est lisible à tout moment. Dans Axiom, cela relève de l'écriture de règlement elle-même, pas d'un fichier Excel reconstitué en urgence le 26 septembre. Le principe est le même quel que soit votre outil : ce qui n'est pas saisi au moment du fait ne sera pas retrouvé à l'échéance.
Ce que vous devriez faire d'ici lundi
Sortez le montant de votre IS 2025 et multipliez-le par 0,3. Vous avez votre acompte. Déduisez-en les retenues à la source subies depuis le premier janvier, certificats en main. Vérifiez que le solde disponible sur le compte couvre le reste au 28, et pas le 30.
Le retard, lui, se chiffre : pénalité de 0,75 % par mois ou fraction de mois pour un dépôt spontané, majorée d'une pénalité fixe de 1,25 % de l'impôt exigible si le retard reste sous 60 jours, 2,5 % au-delà. Sur 18 000 dinars, quinze jours de négligence coûtent déjà quelques centaines de dinars. Pour rien.
Ma recommandation tient en une ligne : arrêtez de traiter l'acompte comme un événement trimestriel. Le jour où vous arrêtez les comptes de l'exercice, vous connaissez déjà les trois montants et les trois dates de l'année suivante. Mettez-les dans votre prévisionnel de trésorerie en janvier, provisionnez un douzième chaque mois, et septembre cesse d'être une mauvaise surprise.


