Deuxième acompte provisionnel : quatre dates, et un calcul que peu maîtrisent
Le 31 août, la Direction générale des impôts a publié son calendrier de septembre. Cinq obligations, quatre dates différentes, selon que vous êtes une personne physique ou une société, et selon que vous télédéclarez ou non. Ce n'est pas de l'intendance administrative. C'est un décaissement.
Quatre dates, et aucune ne vaut pour tout le monde
Le calendrier se lit comme un tableau à double entrée, ce qui explique pourquoi tant de gérants se trompent d'échéance.
- 15 septembre — déclaration mensuelle des personnes physiques au régime réel.
- 21 septembre — déclaration mensuelle des personnes morales soumises à la télédéclaration.
- 25 septembre — deuxième acompte provisionnel des personnes physiques.
- 28 septembre — déclaration mensuelle des entreprises non dématérialisées, et deuxième acompte des personnes morales.
La DGI a pris soin de préciser que ces dates marquent le dernier jour du délai légal, pas le jour de dépôt. Traduction : la plateforme sature en fin de journée, et un rejet technique à 17h le 28 ne vous protège de rien. Le retard déclenche la pénalité par mois ou fraction de mois de retard prévue par le Code des droits et procédures fiscaux — une fraction de mois, c'est un jour.
Trente pour cent de l'an dernier, pas de cette année
Chaque acompte représente 30 % de l'impôt dû au titre de l'exercice précédent. Trois versements, en juin, septembre et décembre, soit 90 % de l'impôt 2025 payé d'avance sur 2026. Une société qui a acquitté 60 000 dinars d'IS l'an dernier verse donc 18 000 dinars le 28 septembre. Que son chiffre d'affaires ait chuté de moitié depuis janvier ne change rien.
Il n'existe pas de modulation à la baisse sur simple estimation. Vous ne pouvez pas écrire à votre recette pour annoncer que l'année sera mauvaise et payer moins. L'ajustement se fait à la déclaration annuelle, et l'excédent devient un crédit d'impôt reportable ou restituable — c'est-à-dire de la trésorerie que l'État garde pendant que vous cherchez à financer votre stock de rentrée.
Deux dispenses existent quand même : les sociétés nouvellement créées ne versent pas d'acompte la première année d'activité, et les exploitants agricoles ainsi que les pêcheurs y échappent. Si vous avez démarré en 2025, vérifiez ce point avant de payer un acompte que vous ne devez pas.
L'argent que vous laissez sur la table
Voilà le point que presque personne ne travaille sérieusement : les retenues à la source que vous avez subies s'imputent sur l'acompte. Les 1 % ou 1,5 % prélevés par vos clients publics, les retenues sur honoraires, celles sur loyers — tout cela réduit le montant à verser le 25 ou le 28.
Encore faut-il en avoir la trace. J'ai vu, chez un négociant de matériel électrique à Ben Arous, l'intégralité des certificats de retenue rangés dans une pochette plastique posée sur l'imprimante du bureau. Pochette verte, cornée. Trois d'entre eux manquaient au moment de calculer l'acompte de juin, retrouvés en octobre. Trop tard pour ce versement-là : l'argent était déjà sorti.
Un cumul de retenues tenu en temps réel, rapproché client par client, vaut plus qu'un rappel dans l'agenda. C'est exactement ce qu'un outil de gestion doit produire tout seul — dans Axiom, la position d'acompte se lit sans rouvrir les journaux, parce qu'elle se construit à chaque encaissement. Mais un tableur discipliné fait le travail. Le problème n'est pas l'outil, c'est que personne ne tient la ligne.
Le sursis du 28 septembre a une date de péremption
Le délai supplémentaire accordé aux entreprises non dématérialisées ressemble à une faveur. Ce n'en est plus une. Depuis le 1er janvier 2026, la facturation électronique via la plateforme nationale s'impose aux assujettis à la TVA, et la catégorie des « non dématérialisés » se vide à vue d'œil. Construire son organisation autour du 28 septembre revient à parier sur un délai que l'administration retirera, tôt ou tard, d'un simple communiqué.
Ajoutez le recoupement croissant entre les bases fiscales, sociales et de facturation : votre acompte n'est plus un chiffre isolé dans une case. Il se compare à votre déclaration de résultat, à vos flux facturés, à vos déclarations de salaires.
Ce qu'il faut faire avant le 15 septembre
Sortez d'abord le montant définitif de votre impôt 2025 — pas l'estimation de votre prévisionnel, le chiffre de la liasse déposée. Multipliez par 30 %. Retranchez les retenues à la source subies depuis janvier pour lesquelles vous détenez un certificat, et le crédit éventuel laissé par l'acompte de juin. Le solde, c'est votre décaissement. Provisionnez-le maintenant, pas le 27.
Ma recommandation est simple, et elle n'est pas fiscale. Payez au plus tard le 22, jamais le 28. Le gain de six jours de trésorerie ne compense pas le risque d'un rejet de plateforme, et votre banque ne vous accordera pas un découvert d'urgence un lundi de fin de mois. Ce n'est pas l'acompte qui met les PME tunisiennes en difficulté chaque trimestre — c'est de le découvrir trois jours avant.
L'équipe Axiom, ERP & gestion d'entreprise


